Mes reflets

17 mai 2012

Les mauvais dimanches

J'aurais dû partir en Bourgogne pour 4 jours. Je savais que c'était un mauvais plan de rester ici. J'aurais dû savoir exactement à quoi ressemblerait ce jeudi de l'Ascension.

Je voulais prendre le bus de 14h07 pour aller me (nous) promener au parc Solvay;

Au lieu de ça, des amis (très gentils au demeurant) sont arrivés pour (réparer un robinet) et prendre le sacro-saint apéro genvalois, sans lequel Genval ne serait pas le repaire d'alcooliques qu'il est. Depuis trois ans, j'en ai vu couler des litres et des litres de kir, de rosé, de blanc, de cubis, plus que de Schweppes ! C'est épouvantable !

Résultat, il était ... 2 heures moins le quart et largement l'heure de manger ...

Je me préparais à tapoter un peu à l'ordi après, tant pis pour la promenade, mais un des habitués de la maison est venu sonner et mauvaise idée, on lui a ouvert. Ce serait bière et bière sur verre de vin, cigarettes et lamentations en tout genre de part et d'autre sur le monde qui va mal, les chômeurs de plus de 50 ans, ceux de moins de 50 ans, etc. Pour varier, j'ai proposé d'aller au lac, mais finalement, c'était encore pire que bien.

Ici, j'aurais pu les envoyer au jardin ou à la cuisine, fermer les portes, et tapoter ...

J'ai balancé entre rester et dire ce que je pensais ou m'en aller, mais m'en aller où? Prendre quel train ? Pour aller où?

Où ? Que faire? Comment m'en aller et en finir??? Comment ne plus devoir vivre l'insupportable? En m'en allant ou en disant que c'est insupportable, mais en sachant bien que ça va recommencer ? J'ai tout fait, tout essayé, déchiré mes dessins, cassé, hurlé, je me suis enfuie, rien, rien n'y fait, ni la maladie (ni la mort d'ailleurs, puisque la précédente en est morte!)

je suis toujours là et je n'en peux plus! Mais se plaindre n'est pas constructif. Que faire? Il y a deux semaines, n'en pouvant plus, je suis rentrée trois jours chez moi. Trois jours, ce n'était pas assez, j'aurais dû rester plus longtemps. J'aurais pu rester du jeudi soir au lundi, au moins. Et puis quoi, j'aurais quand même dû revenir, et recommencer...

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Heu, c'est un peu hors de propos, mais bon !

PAQUES

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14 mai 2012

DEVINETTE

Qu'avons-nous ici ???

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Non, ce n'est pas un torrent de lave,

Mais je trouve cette photo splendide...

Alors ?

Je vous le donne en mille...

Quelques indices:

Venise,

un peintre,

Marcel Proust...

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13 mai 2012

Isabelle de Borghrave...

Cette ancienne diplômée de la Cambre vit et travaille à Bruxelles. Son atelier se trouve au fin fond d'un garage, chaussée de Vleurgat (à mi-hauteur à peu près). Côté chaussée, l'endroit ne paie pas de mine. Mais côté cour! Quelques jours après, je suis encore sous le charme.

Je pense que si j'étais une jeune artiste (et que j'eusse eu la chance de faire une école d'arts plastiques...) c'est exactement le genre d'atelier dans lequel j'aimerais travailler. Quand je vois de jeunes artisans à l'oeuvre, je les admire et je les envie. Et pourtant, ce doivent être des métiers durs, mais... Passionnants.

Chaussée de Vleurgat, il y a un vaste espace d'exposition, au rez-de-chaussée, avec des jardins zen, des plantations, et l'escalier qui mène à l'atelier.

Isabelle de Borgrhave est célèbre pour ses expositions de vêtements, figurines et robes en papier, plié, plissé, Fortuny à Venise, les Medicis, Marie-Antoinette à Versailles, etc.

Et elle peint aussi ...

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La coiffure d'Eléonore de Tolède... (I Medici) - M.R.B.A.

***

D'après le peintre autrichien Maurice Van Neytens

La reine Polyxène d'Assie (détail de la robe)

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Isabelle de Borghrave,

Les silences du Bosphore.

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09 mai 2012

Ite missa est

La paroisse de mes parents était l'église Notre-Dame de la Cambre. J'aimais la Cambre, peut-être pas quand j'étais petite, car il y faisait très froid l'hiver, et nous nous trouvions parfois loin des réchauds à gaz, chichement dispersés dans les allées, mais plus tard, j'y ai trouvé beaucoup de choses intéressantes à contempler.

Mes parents n'aimaient pas la Cambre ou plutôt, ils n'aimaient pas le bedeau. Le bedeau ou celui qu'on appelait parfois "le quatrième vicaire". Les chaisières de la Cambre avaient un petit béret noir, des lunettes, et une sorte de robe-redingote en satinette d'un effet très étonnant.

Donc, mes parents se dirigeaient plus volontiers du côté de la Trinité, qui avait une façade exceptionnelle (celle de l'ancien couvent des Augustins, transplantée depuis la place de Brouckère), et une très intéressante bibliothèque, dans les sous-sols, tenue par une vieille demoiselle qui nous nourrissait en livres de la bibliothèque de Suzette. Au retour, (par la rue Américaine), on faisait étape aux Petits Riens, par la bouquinerie justement, où ma mère cherchait à reconstituer sa collection de Semaines de Suzette (et elle en a déniché pas mal, d'ailleurs).

Ils allaient aussi parfois, dans une chapelle, rue Washington, attenante au couvent des Pères Servites de Marie. Il faut dire que rue Washington, il y avait la pâtisserie Verbeeke, où l'on achetait des "pensées", des "ananines" ou des "gâteaux de Gênes". Et dans les trois églises, il y avait du monde, à la sortie, un mendiant, de la musique, la messe en latin, jusqu'au Concile, ensuite, les choses se sont simplifiées, en même temps que les églises se sont vidées, assez paradoxalement.

Mais quand, un certain dimanche -et là je ne sais plus de quelle année, j'étais à la fin de mes primaires- ils m'ont traînée à la messe à la Trinité, alors que j'avais dit que je ne me sentais pas bien... Il y avait encore beaucoup de monde. Je m'étais plainte à ma mère, après le petit déjeuner, tout en ne sachant pas expliquer ce que je ressentais.

J'étais fatiguée, mal en train, nauséeuse... Elle m'a répondu, "habille-toi, ça passera".

Eh bien, ce n'est pas passé. Durant toute la messe, les nausées se sont imposées, de plus en plus concentriques, profondes, écoeurantes, avec ces sueurs froides qui les accompagnent, jusqu'au moment où une crise de vomissement, incoercible, m'a secouée.

Catastrophe des catastrophes ! J'étais trop malade pour ressentir de la honte ou de la peur, mais j'ai entendu ma mère s'exclamer: "mon Dieu! Heureusement que c'est arrivé après l'Offertoire!" Quant à mon père, courageusement, il a remonté toute la nef, pour aller quérir un seau de sable à la sacristie, et puis, on m'a entraînée dehors, mais c'était trop tard, j'étais bien malade, la nausée et les vomissements me secouaient, me tordaient, comme un prunier pendant les Saints de Glace.

Je ne sais plus ce que j'avais, grippe? Gastrite? Un virus quelconque? En tout cas, le pédiatre est venu (il se déplaçait, à l'époque), et je suis restée une bonne semaine à la maison...

***

Quand je repense aux églises, et plus particulièrement, à la Trinité, il me revient cette impression de froid, le souvenir de la petite chorale d'amateurs, aux messes du dimanche soir, la nuit, dehors, en hiver, où il fallait plonger au sortir de l'église, l'odeur noire des confessionnaux en chêne ciré, le bruit sec de la petite grille qui s'ouvrait, dans l'habitacle, l'acte de contrition, qu'il fallait réciter sans se tromper, et puis les sermons d'une longueur invraisemblable.

Et enfin, le soulagement, au fur et à mesure qu'on avançait dans la liturgie, la distraction que constituaient les chants en latin d'église, et puis, certains événements, parfaitement incongrus.

Un dimanche soir, alors que nous étions tous debout - et rester debout était un progrès par rapport au fait de s'agenouiller sur des chaises paillées... Quelqu'un, au rang devant moi, un homme, jeune, agenouillé, lui, sans bouger d'un millimètre, s'est mis à uriner devant tout le monde...

Et tout le monde a fait semblant de rien.



08 mai 2012

Bénédicte

Bénédicte avait des yeux bleus, à moins qu'ils ne fussent verts, et des cheveux blonds, en tout cas, je me souviens d'elle comme étant très sale et très abîmée, sa petite robe rayée blanche et verte passablement défraîchie.

Je n'ai jamais beaucoup aimé mes poupées, sauf une, Marianne, qui avait des boucles et un air aussi peu poupée que possible, avec une robe en popeline rose et son petit tablier à fleurs roses.

Mais d'où venait Bénédicte ? Il paraît que -comme d'autres enfants- je l'avais reçue en pédiatrie, à l'hôpital d'Ixelles, des mains de Madame Charles Janssens, épouse du bourgmestre d'Ixelles. J'avais été hospitalisée à la suite d'une angine, peut-être, (voire une pharyngite au départ o;) mais qui avait mal tourné, en amygdalite assez grave, au point d'inquiéter mes parents et le pédiatre.

Je devais avoir deux ans et demi - à peu près.

Ce sont mes premiers souvenirs lucides: une série de flashes sur la vie à l'hôpital.

Comme j'étais contagieuse, j'avais d'abord dû être installée dans un box, qui me laisse une impression - je ne sais pas pourquoi de vitres noires, dans lesquelles mon image se reflète à l'infini.

Puis, on m'a installée dans une chambre à quatre lits où j'ai commencé à revivre. Les heures étaient longues et, souvent, j'avais ou trop chaud ou trop froid, j'essayais de me découvrir ou de me recouvrir. Les après-midi étaient ensoleillées. Je me souviens des plateaux avec des bouteilles de lait, il y avait comme un univers de bouteilles, de parois vitrées, d'uniformes blancs, toute une clarté laiteuse - répandue dans l'hôpital. J'occupais le lit de gauche et ma voisine de droite - qui avait une jambe ou des membres dans le plâtre, recevait, à quatre heures, un cécémel (ou toute autre marque de chocolat au lait froid), et nous un jus d'orange.

A l'heure des visites, je voyais ma famille arriver et je ne vivais que pour ces moments-là, me demandant quand ils allaient venir me rechercher pour rentrer à la maison. Allais-je seulement y rentrer un jour ?

Bien sûr! Ils sont revenus me chercher. La dernière image que je garde de cette période, c'est le -très court- trajet en taxi, une Mercedes grise d'allure très massive, mais qui me semblait être -avec ses sièges en cuir- le summum du luxe et du confort. Et l'arrivée du taxi devant la maison, rue Van Eyck, à Ixelles.

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Le taxi Mercedes 190, représenté dans "Blake & Mortimer"

Posté par quartzrose à 16:25 - - Commentaires [2]
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"Jadis et naguère" (Verlaine)

Jadis, elle n'aurait pas pleuré. En 1981, elle n'a pas pleuré. Du tout.

Mais il y a des moments comme ça, où l'on pleure. On ne sait pas trop pourquoi. Parce que le temps a passé, qu'on a vécu, et qu'on sait ce que c'est que l'arbitraire, l'injustice, la course à l'abîme.

Et qu'une lueur d'espoir, dans tout ça, ça fait du bien. Ca fait aussi un peu mal. Un mal qui fait du bien, allez comprendre!

Alors, le rhume, la toux et la conjonctivite ont bon dos. Ca permet de pleurnicher le nez dans son mouchoir. On pleure parce qu'on est heureux, soulagé, parce que depuis tant d'années, on voit l'Europe sombrer dans le néo-libéralisme, et on se dit qu'on commençait à désespérer.

On aimerait avoir la tête plus politique, et mettre la main à la pâte (plonger ses bras dans la "merde et dans le sang", je crois que c'est Hoederer qui disait ça dans "Les mains sales"), mais on ne sait qu'écrire.

Alors, voilà ...

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04 mai 2012

Week-end

Bon, les bagages sont prêts (on part comme des Hollandais, avec bolo et boîtes de petits pois, carottes... Nesquick et tout et tout). Sans compter les cubiteneurs de vin rouge qui tache !

J'en dirai pas une pendant le w.e., j'ai une pharyngite avec extinction de vois.

Je m'en vais à la pharma acheter beaucoup de Rescue sous ses diverses formes...

Y compris à dissoudre dans du brandy ...

Pensez à moi !!!

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30 avril 2012

Et ainsi parle le vainqueur de Tabora...

Charles Tombeur de TABORA, (né Charles Henri Marie Ernest Tombeur, Lieutenant-Général, Liège, 1867, Bruxelles, 1945), parle ainsi des "hommes" de la Force Publique, enrôlés dans la guerre de 14-18, contre les soldats du Kaïser, en Afrique (et comme sont impliqués les deux héros -anglais- du célèbre film, "African Queen" - avec Katharin Hepburn),

"Le soldat qui n'avait été instruit qu'en vue du maintien de l'ordre à l'intérieur, se révéla d'emblée un guerrier valeureux. Sa fidélité au drapeau peut être donnée en exemple".

"Il endura tout, mais il dura et arriva au bout de cette interminable guerre, sans avoir donné un signe d'impatience ou de lassitude.

C'est un type de soldat splendide."

In "la Force Publique au Congo belge, 1886-1956"

A propos des victoires de 14-18 aux "Rwanda,
Burundi, à Ujiji, et à Tabora",

***

Posté par quartzrose à 01:49 - - Commentaires [0]

Post scriptum - sur le Congo "belge" (encore)

J'ai fait une trouvaille aujourd'hui, à la brocante du Patch à Rixensart !

Il a fallu marchander sec, entre 3, 5 et 2,50 euros finalement, mais heureusement, un copain féru de brocantes nous accompagnait et a marchandé pour moi.

Il s'agit d'une revue sur le Congo (et l'armée !) - La Force Publique de 1886 à 1956, au Congo belge.

A verser au dossier familial et sociologique sur le Congo (même si mon père n'était pas militaire, mais simplement employé comptable chez ELVA Culture, dans le Kasaï).

***

Sur toute la 3ème de couverture, les différentes casernes au Congo belge, dont ELISABETHVILLE. JADOTVILLE. LULUABUR. THIJSVILLE (le poète Odilon-Jean Périer était de la famille du Général Thijs), PORT FRANCQUI. ALBERTVILLE. KONGOLO. KAMINA. Et Kamina était à une centaine de kilomètres de Kambaye, où mes parents ont résidé, entre 1952 et 1953.

Et on y parle plutôt de USUMBURA, plus connue désormais sous le nom de Bujumbura.

Il y a aussi tous les 22 Commandants en chef de la Force publique au Congo, sous nos quatre rois: Léopold II, Albert ier, Léopold III et Baudouin Ier.  Entre août 1944 et mars 1954, le Lieutenant-Général A. GILLIAERT.

***

Au sommaire:

Notice explicative et historique sur la Force Publique,

Le soldat de BULA MATARI,

L'infanterie, Armes lourdes et escadron de reconnaissance, Artillerie, Commandos Force publique, Génie, Corps des transports, unités en service territorial, Transmissions, Aviation militaire (AVIMIL),

Camp Léopold II de Léopoldville, (SIP, CER, Base FP, Police Militaire (PM), Musique, Dépôt de marins, Service de santé, Aumônerie (catholique et protestante), avec la photo du baptême d'un Congolais (!) avec ce texte, symbole de l'écrasement d'une religion d'origine animiste: "Allez, faites dans toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit." (MATHIEU),

La vie quotidienne dans les Camps F.P. Ecole primaire, Ecole des Pupilles, Ecole Centrale de LULUABUR, (les étudiants passent "l'épreuve finale de dactylographie aux dix doigts sans vision du clavier, avec les yeux bandés !) - Ateliers d'apprentissage, mécaniciens d'armement, tourneurs, ajusteurs, soudeurs, forgerons, tailleurs, cordonniers, menuisiers, maçons, typographes, conducteurs, linotypistes, relieurs, etc. Tous congolais...

Et encore la Fédération scoute, le Service social, avec puériculture, couture, cuisine, cours ménagers et lessive (pour les femmes congolaises...) et les sports...

Tout un programme de colonisation !

Posté par quartzrose à 01:12 - - Commentaires [0]